Lettre ouverte au Président de la République –

Lettre ouverte au Président de la République

 

Monsieur le Président de la République,

 

Vous vous étiez engagé à « sanctuariser le budget de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pour donner des moyens publics supplémentaires aux établissements”. Aujourd’hui votre gouvernement baisse le budget de ce ministère à hauteur de 331 millions d’euros.

Vous vous étiez engagé à “continuer à encourager la recherche fondamentale, et amplifier les efforts en matière d’innovation”. Des moyens supplémentaires devaient être alloués au financement de projets. Aujourd’hui la recherche scientifique et technologique pluridisciplinaire, ainsi que la recherche spatiale sont menacées par des coupes budgétaires.

Vous vous étiez engagé à ne “pas faire perdurer le tirage au sort à l’entrée de l’université”. Aujourd’hui plus de 60 000 néo-bacheliers sont encore sans affectation pour la rentrée prochaine. Les universités se replient en utilisant le tirage au sort qui est le seul moyen de limiter les effectifs qu’elles ne peuvent matériellement accueillir.

Vous n’aviez pas “pour projet d’augmenter les frais d’inscription”. Aujourd’hui les élèves-avocats voient leurs frais d’inscription augmenter de 225 euros (arrêté du 19 juillet 2017), menaçant ainsi l’égalité des chances défavorisant ceux ayant d’autant moins de moyens financiers.

Monsieur le Président, nous n’avons pas pour habitude de venir “pleurer pour cinq euros”. Nous sommes conscients que des efforts doivent être faits, mais nous voulons de la cohérence à l’aube d’une rentrée qui verra 58 000 étudiants supplémentaires accéder à des études supérieures dans des universités déjà au maximum de leurs capacités.

Nous ne réglerons ni la situation des établissements ni le déficit public avec des petites économies grappillées sur le dos des plus fragiles. De vraies solutions existent,

Monsieur le Président.
L’orientation au lycée doit être révisée afin de permettre une vraie relation bac -3/+3 dans notre système éducatif. Le tirage au sort préconisé dans des filières surchargées ne fait qu’aggraver une situation déjà fragile, liée à l’absence d’enseignement de ces dernières au lycée. Un système dont le mauvais fonctionnement mène, entre autres, à un fort taux de réorientation en première année. Est-il vraiment judicieux de laisser les lycéens baser leur avenir sur des suppositions plutôt que des certitudes ? Leur permettre de savoir ce qu’ils vont concrètement faire dans ces filières n’est pas un luxe.

 

L’UNEDESEP demande qu’un aménagement de la plateforme admission post-bac soit réalisé, comme vous l’aviez promis, en publiant les taux de réussite directement sur le site. Nous voulons que des cours numériques soient à disposition des futurs étudiants pour que chacun puisse commencer à appréhender les filières ainsi que leurs débouchés.

Il est nécessaire que les outils numériques soient utilisés concrètement afin de dématérialiser un certain nombre d’enseignements et permettre l’abandon de la doctrine du présentiel à tout prix.

Mais surtout, l’Etat doit prendre ses responsabilités. Depuis déjà quelques années, les universités accueillent de plus en plus d’étudiants sans voir leurs moyens augmenter. En juin, la Cour des comptes comptabilisait six établissements dans une situation financière « très dégradée », neuf autres dans une « situation dégradée ». L’instauration de capacités d’accueil (tirage au sort) est un symptôme grave du désarroi des universités face à des missions qu’elles ne peuvent accomplir correctement. On ne peut vouloir former toujours plus d’étudiants sans augmenter les moyens et moderniser les infrastructures des établissements.

Madame la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, en tant qu’ancienne présidente d’université, ne peut ni ne devrait ignorer la réalité des difficultés sur le terrain.

De ce fait, l’UNEDESEP ainsi que tous les étudiants qu’elle représente, demandent à ce que le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche soit sanctuarisé, comme promis ; que vous reveniez sur la baisse des APL mais aussi sur l’augmentation des frais d’inscription aux CRFPA, comme promis ; que vous continuiez à soutenir la recherche, comme promis ; que les universités puissent diversifier leur financement, comme promis ; que le système de bourse soit renforcé, comme promis ; que l’information et l’orientation des lycéens soient les priorités au secondaire et que l’Etat ne se désengage pas de l’enseignement supérieur.

 

Les diverses annonces de ces dernières semaines ne présagent rien de bon pour la rentrée prochaine. Les étudiants en ont assez. Nous vous demandons, Monsieur le Président, de bien vouloir le comprendre.

Dans l’attente d’un changement radical, nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République et Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, en l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

 

Jonathan GUILLOT – président de l’UNEDESEP – 06.47.30.28.48 – presidence@unedesep.fr

Matteo RADELLI – Chargé de mission à la représentation – 06.79.39.29.98 – representation@unedesep.fr

Robin MANOURY – Chargé de mission à la représentation – 06.61.05.36.56 – representation@unedesep.fr

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