L’UNEDESEP se félicite du maintien de la passerelle pour les docteurs au CRFPA : une victoire pour la valorisation du doctorat   

 

Madame Christiane Taubira, ministre de la Justice, a confirmé que la passerelle permettant aux docteurs d’entrer au CRFPA (Centre Régional de Formation Professionnelle des Avocats) sans passer par l’examen sera maintenue, suite à la proposition du Conseil National du Barreau (CNB) qui souhaitait la suppression de cette dernière.

L’exemption d’examen pour les docteurs est légitime au regard de leurs compétences et de leur niveau

D’une part, les docteurs sont des juristes très spécialisés, dont les années d’études supplémentaires et la rédaction d’une thèse leur ont permis d’acquérir une capacité de synthèse et une grande connaissance du droit et de ses principes essentiels.

D’autre part, leur charge d’enseignement leur permet, en plus de maîtriser parfaitement les matières fondamentales exigées au CRFPA (droit des obligations, procédures…) qu’ils enseignent au quotidien, de développer une aisance orale et une capacité à expliquer le droit à leurs futurs clients.

Encourager les docteurs à devenir avocat est un gage de valorisation de la profession d’avocat

Ils permettent une diversité des profils chez les avocats.Cela rejoint les propositions déjà mentionnées dans le rapport Darrois, qui préconisait de réduire les frontières entre la recherche et les professionnels du droit.

En outre, les réflexions théoriques menées pendant leur thèse donnent au docteur la capacité de développer des argumentaires audacieux et novateurs devant les juges, permettant ainsi de faire évoluer le droit et de contribuer au dynamisme de la profession d’avocat dans des domaines du droit précis et parfois méconnus de la profession.

Sur la valorisation en général du statut de docteur en droit et en sciences sociales

Ce débat s’inscrit dans deux problématiques chères à l’UNEDESEP : l’encouragement de la valorisation du doctorat et la professionnalisation des études de droit. Ce diplôme constitue le seul diplôme unanimement reconnu au niveau international. Alors qu’à l’étranger le docteur est très bien perçu des milieux professionnels, il est nécessaire d’améliorer en France l’image du docteur en sciences sociales auprès des professionnels en suivant deux axes.

La considération du docteur doit être prise en compte afin de valoriser l’insertion de celui-ci dans le milieu professionnel. En outre, ceci permettra l’émergence d’innovations en sciences sociales au quotidien. Dans ce sens, l’intégration du doctorat dans les grilles de la fonction publique ainsi que toutes les mesures qui permettraient au docteur d’obtenir des passerelles utiles et cohérentes avec son parcours seraient adéquates.

Enfin, il est nécessaire d’encourager la professionnalisation des doctorants durant leur cursus afin d’augmenter leur panel de compétences acquises. L’UNEDESEP a déjà fait des propositions dans ce sens en préconisant la mise en place de thèses professionnelles CIFRE (conventions industrielles de formation par la recherche) nécessitant un véritable travail de sensibilisation des milieux professionnels aux qualités acquises par les doctorants et les docteurs en droit. Dans le même sens, la mise en place de thèses dites « courtes » serait essentielle pour améliorer la visibilité des meilleurs juristes français à l’étranger et pour leur entrée dans le milieu professionnel, comme a déjà pu le préconiser l’Ecole Nationale de la Magistrature.

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