Parcoursup, plateforme de privatisation de l’accès à l’enseignement supérieur

Les lycéens et étudiants inscrits sur la plateforme Parcoursup avaient jusqu’à 23h59 mercredi 3 avril 2019 pour valider leurs vœux. Etape importante pour l’accès à l’enseignement supérieur, cette date a néanmoins permis de mettre en évidence un fait troublant. En effet, un article de Ouest France publié le mardi 2 avril (*) est venu grandement questionner les vertus attribuées par le gouvernement à la plateforme Parcoursup. Selon ses auteurs, certaines formations demanderaient aux candidats non-boursiers de s’acquitter de frais de dossier pour formuler un vœu.

 

La remise en question de la gratuité de l’accès à l’enseignement supérieur

Ces frais sont effectivement demandés par certains lycées privés pour des classes préparatoires ou certaines écoles privées d’art, de commerce ou d’ingénieurs (par exemple, pour des concours qui permettent de candidater à plusieurs écoles). Mais aussi par quelques établissements publics, comme les écoles nationales d’architecture, les écoles d’ingénieurs du réseau Insa et certaines universités. D’après Ouest France “Selon les établissements, ces frais de candidature vont de 30 à 200 €. Rien à voir avec les frais d’inscription dont il faudra s’acquitter si le candidat est reçu. Les frais exigés à cette étape sont affectés au traitement administratif des dossiers ou des concours d’admission.” (*)

L’Union Nationale des Étudiants en Droit, Gestion, AES, Sciences Économiques, Politique et Sociales (UNEDESEP) condamne cette pratique qui semble se systématiser. Payer pour qu’une candidature soit examinée est contraire au principe de libre accès à l’enseignement supérieur et remet en cause le principe d’égalité des bacheliers. Ces frais conduisent des lycéens à renoncer à certains de leurs vœux. Cette sélection par l’argent qui touche les classes moyennes ne peut perdurer.

 

Une justification aberrante

Ces frais, censés permettre le financement des démarches telles que le classement des dossiers ainsi que la rémunération de ceux qui les examinent, étaient déjà présent sur la plateforme Admission Post Bac (APB) mais de façon marginale (**). La généralisation d’une telle pratique par les établissements est la conséquence de l’incertitude et de l’anxiété des lycéens qui multiplient les vœux de peur de n’avoir aucune formation à la rentrée. Par ailleurs, cela démontre également que les établissements n’ont pas les moyens humains pour examiner l’intégralité des candidatures sans recourir à ce forfait pré-candidature.

C’est pourquoi l’UNEDESEP demande à la ministre en charge de l’Enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation d’interdire une bonne fois pour toute ce genre de pratique et de donner aux établissements les moyens nécessaire à l’étude de chaque candidature. Les familles n’ont pas à combler le défaut de subvention des établissements.

 

(*) Article de Loïc TISSOT et Laetitia HELARY, publié le 02/04/2019 à 10:30 sur https://www.ouest-france.fr/education/etudiant/parcoursup/parcoursup-pourquoi-faut-il-payer-pour-faire-certains-voeux-de-formation-6287895/amp?fbclid=IwAR0X9skGV_N4KigzFayG6wy_OkWU6EpQ9vzgyovJ1646wvf-RFwMoTURx10&__twitter_impression=True

(**) « Les frais de gestion de dossier existent depuis longtemps, mais avec la multiplication des vœux sur Parcoursup, cette question devient centrale chez les familles », constate Bruno Magliulo, ancien inspecteur académique et auteur de SOS Parcoursup (Éditions L’Étudiant)

 

 

 

Contacts presse :

Florian MARINELLI – Président de l’UNEDESEP

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Robin MANOURY – Vice-président en charge de la représentation

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