Rapport CDHSS : Des conclusions souvent trop généralistes qui mériteraient une étude plus approfondie de chaque filière 

Mercredi 13 octobre 2010, le Conseil pour le développement des humanités et des sciences sociales (CDHSS) a remis à Valérie Pécresse son rapport final « Pour des sciences humaines et sociales au cœur du système d’enseignement supérieur et de recherche »Le 18 mai dernier, l’UNEDESEP, par le biais de Promotion et Défense des Etudiants, avait été auditionnée par ce comité pour apporter son expertise sur les filières qu’elle représente.

Face à la diversité des formations du secteur des Sciences Humaines et Sociales, l’UNEDESEP regrette qu’une étude plus précise des problématiques inhérentes à chaque filière n’ait pas été faite, en particulier pour les formations Sciences Sociales – Droit, Sciences Economiques et Gestion, AES et Sciences Politiques – qui contrairement aux Sciences Humaines, ne sont que partiellement étudiées par le rapport.

Quatre thèmes abordés par le rapport ont particulièrement retenu notre attention.

Une Licence plus généraliste

L’UNEDESEP soutient la proposition d’une première année plus généraliste, ce qui suppose de repenser la propédeutique en Licence. Elle serait également l’occasion pour l’étudiant de pouvoir s’orienter plus facilement via des systèmes de passerelles, diminuant le taux d’échec en Licence dû à une mauvaise orientation.

Quelques établissements expérimentent cela déjà cette proposition dans le cadre du Plan Réussite en Licence, et d’autres vont plus loin, comme à l’université de Pau, où le premier semestre de la L1 est commun aux étudiants en Droit, en AES et en Sciences Economiques. Cela permet, laissant à l’étudiant de disposer d’un semestre pour mieux appréhender ses choix d’orientation et de projet personnel de formation.

La mise en place du Plan Réussite en Licence a relancé les débats en matière de formation et de pédagogie, ce qui était nécessaire pour les formations en SHS.
L’UNEDESEP rappelle cependant qu’il est impératif que les établissements développent en parallèle des indicateurs fiables vis-à-vis des dispositifs existants en Licence, pour avoir des retours précis sur les bonnes pratiques mises en place.  Or, la création de ces indicateurs, véritables outils de pilotage d’une stratégie de formation, demeure exceptionnelle.

La mission d’orientation et d’insertion professionnelles des universités

L’UNEDESEP salue l’intérêt que les membres du Conseil ont porté sur les questions de l’orientation et l’insertion professionnelle, talon d’Achille des formations en SHS. 

L’UNEDESEP souligne la nécessité de rendre les formations cohérentes avec le tissu socio-économique de la région. Ceci est d’autant plus nécessaire que la mise en place des PRES fait  naître des logiques de régionalisation, en particulier pour les formations en AES dont les débouchés professionnels dans les collectivités territoriales et dans les entreprises régionales sont les plus importants.
A titre d’exemple, l’université d’Evry, a mis en place des parcours adaptés aux attentes socio-économiques avec succès pour leur filière AES qui affiche un taux 91% d’étudiants poursuivant leur études ou s’insérant dans la vie active après une licence d’AES.

En outre, s’il est impératif que les BAIP de chaque établissement deviennent effectifs – ce qui est encore loin d’être le cas -, ces derniers devraient également avoir un rôle à jouer dans le suivi de l’orientation de l’étudiant avec Projet Professionnel Etudiant, ou encore pour créer des indicateurs d’insertion professionnelle fiables propres à chaque formation d’un établissement.

Enfin, il est nécessaire que dès la Licence 2, les formations en SHS offrent à l’étudiant tous les outils pour s’adapter de manière autonome à son métier alors que la société contemporaine est en perpétuelle transformation. L’UNEDESEP suggère la mise en place durant la Licence, d’un module obligatoire, consistant à effectuer un travail de recherche et de démarches professionnelles, pour l’établissement d’un projet fictif ou d’un mémoire, sanctionné par un jury regroupant des enseignants et des professionnels.

La recherche

L’UNEDESEP, comme le préconise le rapport, encourage la professionnalisation des doctorats. Ceci peut prendre la forme de stages inclus dans la formation ou par la multiplication de doctorats en partenariat avec les groupes de recherches des entreprises privées comme pour les conventions CIFRE par exemple.

L’évaluation des formations en SHS

L’évaluation des formations apparaît aujourd’hui comme un gage de reconnaissance de la qualité de la formation pour l’étudiant, mais aussi pour son employeur. À ce titre, il est nécessaire que les rapports délivrés par l’AERES soient davantage visibles des étudiants et des professionnels. L’UNEDESEP demande à ce que les notations AERES soient jointes aux maquettes de présentation des formations.

Enfin, le rapport ne traite pas du rôle primordial que les associations étudiantes peuvent jouer sur les campus et en parallèle des formations en SHS. Elles pourraient pourtant accompagner certaines propositions pertinentes du rapport telles que l’acquisition de compétences utiles pour l’insertion professionnelle, la participation à la création d’associations d’anciens, l’aide aux étudiants en SHS à la prise de conscience de la variété des débouchés qui s’offrent à eux, … .

Dans ce contexte, l’UNEDESEP souhaite que l’engagement dans les associations étudiantes en SHS soient davantage encouragé et reconnu par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche au niveau national, mais aussi par les directeurs d’UFR et les présidents des Universités concernées au niveau local.

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